TRI-TRAINING
Le blog sur l'entraînement en triathlon
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Accrochez-vous, je vais essayer de faire exhaustif alors ça peut être long !
J-3 : Levé 4h00 du mat. Avion à 7h00. Pas de surcoût bagages malgré mes 18 kg de valise SANS le vélo dans sa housse (environ 30 kg au total !). Arrivée sur place après un stop de 3h00 à Madrid. Rencontré un Français sympa avec ses parents. Son père a partagé avec nous ses nombreuses expériences sur marathons lors des 30 dernières années : c’est aussi ce type de rencontre un déplacement IM…
Joël Steve (Triathlon Performance) m’attends à l’aéroport… et emmène les Français susmentionnés à leur appart (2 vélo + 3 gros sac + 5 personnes dans le 4x4). Sympa !
Arrivée à l’appart, spacieux et fonctionnel dans une résidence avec 3 piscines, le tout à 4 km du départ environ (Puerto Del Carmen). Mon « co-loc » n’arrive que le lendemain, je peux donc déballer mon vélo tranquille pour vérifier que tout baigne. C’est le cas : c’est déjà un stress de moins.
En fin d’après-midi rencontre avec les autres Frenchies passés par Joël : les Nantais Rodolphe Debureau (Rolix sur onlinetri.com), Xavier Cesbron (Quasy sur onlinetri.com) et Jean-Pierre Nogue (pas pour faire l’IM), le duo de Villefranche-sur-Saône Hélène Piétrenko et Gaëtan Masson, Alexandre Kuntz de Strasbourg, Eric Barbier du CRV Triathlon et Laurence Bouchara du Triathl’Aix.
Ambiance sympa malgré quelques divergences sur les priorités d’activités (reco / pas reco, entraînement x / entraînement y), la routine quoi….
A 18h30 départ en càp pour 35 min easy sur la fin de la boucle càp, nous suons à grosses gouttes à cause de la chaleur.
Le soir sortie au restau à 300 m de la résidence… après un apéro et 5 bières chacun pour les Nantais ! ! ! Re-bière pour eux au restau avant un rhum au miel local en guise de digestif ! Pfffff ! Quelle santé !
Bonne première nuit pour récupérer du transport / décallage horaire / levé à 4h00 pour prendre l’avion. Merci les boule Quies : les papy et mamy de la résidence se couchent à l’heure locale (tard !)
J-2 : P’tit déj Kolossal à l’allemande (œufs brouillés + bacon + champignons + beans + pain noir). Bagarre encore avec les papy mamy très agressifs au buffet. Rodolphe c’est quand même fait « prendre » un truc sur le buffet par une main qui lui est passée entre les jambes par derrière lui ! C’est déjà la lutte pour la qualif ?
10h00 départ pour la playa et un tour du parcours nat (1,9 km). L’eau est bonne (19°C) et très claire (on voit des poissons partout). La boucle part de la plage pour aller chercher une bouée à 160 m, ensuite 759 m vers la gauche parallèle à la plage. Re-gauche pour se rapprocher de la plage de 145 m et re-gauche pour le retour comme l’aller mais plus proche de la plage (762 m).
Le vent fort nous freine sur la fin de l’aller « au large » et un courrant contraire rend le demi-tour difficile à atteindre pour l’enclume moyenne que je suis ! Pas de bonne augure pour la nat de samedi…
Départ à 14h00 pour la reco en voiture des 70 premiers kil du parcours vélo (jusqu’au club de la Santa ou nous prendrons les dossards). Début en zig-zag sans intérêt vers Arrecife puis retour derrière Puerto Del Carmen pour longer la côte vers la parc national de Timanfaya. Ca se corse car la route est très exposé au vent et le revêtement pire que tout ce que je connais. Arrive la montée en ligne droite et par paliers dans le parc à proprement parler (km ???). Ca ressemble à Hawaii, ça a le goût d’Hawaii… mais c’est Lanzarote, le « Canada Dry » d’Hawaii ! La pente n’est pas démente (5/6 % en moyenne sur 3 kil ?) mais le revêtement et le vent de face laissent augurer d’un premier passage « dans le vif du sujet ».
La descente est magnifique avec une vue plongeante sur une espèce de cirque avant de filer en serpentant vers la Santa. Toujours du vent, encore du vent, et presque jamais de portion plate.
Le cœur de la Santa bat déjà pour l’Ironman : les athlètes affûtés et tatoués du M-dot (le logo Ironman) sont légion. 25 EUR de caution pour la puce, un sac de « goodies » avec un T-shirt jaune canari (Canaries ?), un serviette Ironman et un sac « style pêcheur » nous sont remis. Le top est plutôt un bon pour retirer deux paire de chaussettes de sport d’excellente qualité dans l’unique shop du « village Ironman » exception faite d’UN seule stand avec les produits de la marque Ironman. Assez éloigné donc du village « pousse au crime » de la carte bleue de Zurich ou Klagenfurt par exemple…
Briefing en français vers 17h30 ( ?), rencontre avec Alexandre Blanc, un autre frenchy de mon club (RCF) installé au club la Santa. Quelques mots échangés avec Kenneth Gasque, organisateur de la course… depuis 15 ans !
Le briefing est l’occasion de rencontrer les autres Français inscrits sur l’épreuve (69 cette année) dont Cyrille Neuveu, partenaire de la Santa.
Défilé des nations au départ du stade d’athlé intégré au club La Santa. Attente debout au soleil pendant 30 min puis petite balade dans le club. Environ 15 Français ont fait l’effort participer, comme d’hab !
Pasta party le soir à 19h00. Je redoutais ce moment car j’apprécie modérément de faire la queue debout pendant une heure pour manger trois pâtes froides qui se battent en duel dans une assiette en carton. Pour la queue j’avais raison, pour les quantités et la qualité un peu moins. J’ai échapper à cette corvée grâce à Alexandre Blanc qui après un forcing auprès du « vigile » m’a permis d’accéder au restau réservé au « pensionnaires » du club de la Santa. Merci à toi ô Alexandre ! Résultat : pas d’attente et des lasagnes à gogo : à la bolognaise, végétariennes, etc… Notre voisin de table avait l’air de s’ennuyer ferme, à moins que ce ne soit la concentration d’avant course ? En tout cas Thomas Hellriegel (c’est de lui qu’il s’agit) à l’air « affûté comme un salaud » (pas taper : référence au « vélo de Guislain Lambert », merci Poolvorde !).
Nous rentrons tous pour une bonne anté-pénultienne nuit, la plus importante. J’ai pu découvrir Thierry Debrun, président du club de Villefranche-sur-Saône arrivée dans l’après-midi, avec qui je vais partager le reste du séjour dans l’appart de la résidence. Plutôt sympa et finisher d’Hawaii 2005, ça promet de bons moments de co-location !
J-1 : bonne nuit de passée, sauf pour Thierry et Eric qui ont souffert d’un nouveau groupe de papy noctambules parlant forts vers 3h00 du matin. Merci les boules Quies à nouveau !
Au programme ce matin 1h00 de vélo pour tester le pilotage avec le vent particulièrement fort depuis la veille et vérifier les réglages pour ma part.
Résultat : après 15 min et moult gamelles évitées, un « pit-stop » d’urgence dans le bas côté, je décide de rentrer sain et sauf : trop bête de prendre une vraie « gaufre » la veille de l’IM !
Les autres continuerons comme prévu et rentrerons effrayés par les conditions. La météo locale annonçait 50 km/h de vent avec rafales à 75 km/h. Les habitués du vent de la vallée du Rhône parlaient plutôt de rafales à 90 / 100 km/h…
Cette « balade » a fait monter la tension d’un cran dans le groupe. Je commence à regretter le Cheetah et sa prise au vent latérale un peu « too much ». J’envisage même d’enlever le guidon aéro et le JetStream, tout ce qui peu prendre le vent et provoquer des mouvements brusques de la direction. Finalement je me raviserais, la tentative de qualif valant bien quelques risques.
Dépose du vélo au parc à 17h00. Trois autres Cheetah dans le parc + des tonnes de beau matos, quelques lenticulaire… et une dominante chromatique marquée dans le parc des pros : vélo noir avec touches de jaune.
On laisse les sac de transition : le rouge pour le vélo (casque, chaussure vélo, nutrition, lunettes, chaussettes, …) et le bleu pour la càp (caussure running, casquette, re-nutrition, …).
Les espèces de « palettes » qui servent à ranger les vélo sont un peu light vis-à-vis du vent qui souffle ! C’est la course pour trouver des bouts de cartons à insérer dans la fente où vient se loger la roue arrière pour assurer un maintient serré de ladite roue et donc de tout le bike en général puisque c’est le seul point de fixation. Ceci dit le parc est très protégé du vent par des palissades et les magasins qui le bordent : il n’y aura donc pas de pb avec les vélos renversés par le vent.
Retour vers les apparts pour la dernière soirée avant THE day. Dîner en tête à tête avec Thierry qui a eu la (très) bonne idée de ramener des plats préparés à réchauffer (couscous sans les boulettes pour lui ce soir !). Riz / sauce tomate (très peu) / jambon pour moi.
Couchés à 22h30, réveil fixé à 4h00.
D-Day :
Bip ! bip ! bip ! bip ! Bonne nuit pour moi, un peu moins pour Thierry. Les traits sont tirés, les gestes mesurés, la tension est là….
Sportdej’ banane chaud pour moi (miam !), Gatosport + thé + miel pour Thierry. On enfile les tenues et on commence à se tartiner les aisselles, l’entrejambe et le cou avec de la crème anti-frottement. Je pose un bout d’Elastoplaste dans mon cou à l’endroit où j’ai « attrapé » une pizza suite à l’entraînement nata deux jours plus tôt. Nous vérifions la puce à la cheville. Sur les conseils de Thierry je « sécurise » le Velcro simple (pas de « retour ») avec une épingle à nourrisse pour éviter de perdre la puce dans la bataille… navale.
RDV à 4h45 avec le groupe pour le départ vers le parc. Tout le monde est à l’heure pour une fois (curieux !) et 15 min plus tard : nous y sommes !
C’est le moment de gonfler les boyaux à 9 bars pour moi (de la marge pour la dilatation liée à la chaleur), de positionner le bidon et remplir le JetStream.
Vers 6h30 on se change avec Thierry en compagnie de Cyrille Neveu, qui, comme je le verrais de nombreuses fois sur ces quelques jours, est en train de composer un SMS sur son téléphone portable.
Nous plaçons nos vêtement « du matin » dans le troisième sac de transition (vert celui-là), et c’est parti pour le portique vers la plage qui permet d’initialiser la puce. Bip ! à pointé ! Bip ! à pointé ! Bip ! à pointé !....
Cette année, vu les 1 000 concurrents au départ, trois vagues de départ sont prévue : à 7h00 les pro suivis à quelques mètres des – de 35 ans (bonnets roses) . A 7h01 les + de 35 ans (bonnets verts). Etant à la fois bonnet rose et bonnet d’âne en natation, je choisi de partir avec la vague des plus de 35 ans pour éviter de me faire noyer par les meilleurs nageurs de ce groupe si je partais 1 min avant eux. Déjà 1 min de perdu pour la qualif !
Pan ! C’est parti pour les pro et – de 35 ans. Je déclenche mon chrono puisque c’est ma catégorie qui vient de partir… sans moi !
Re-pan ! C’est le départ de la vague que j’ai choisi. Je me positionne à droite puisque que les virages sont tous vers la gauche, je compte ainsi éviter la baston. Beaucoup de précautions donc, c’est le prix à payer quand le nombre total de séance nat s’élève à 6 pour 12 km nagé au total depuis l’IM Zurich 05 !
Quelques frottements mais rien de méchant et pas le courant contraire redouté avant d’aborder le retour. Sortie sur la plage « à l’australienne » pour les quelques mètres en trottinant avant de plonger pour le 2e tour. Temps de passage 34 min soit OK par rapport à mes souhaits. 2e tour du même acabit malgré un p’tit fléchissement sur le retour et sortie en 1h10 soit exactement le temps prévu (1h09 nagé + 1 min de « différé de vague »). Ca commence bien !
Transition pas top due aux 4 Powergel et 2 Powerbar que j’aurais du placer sur mon vélo et non pas un par un dans les poches de ma trifonction pendant la transition !
Casque ? OK ! Lunettes ? OK ! Chaussures ? OK ! Cheetah ? OK !
GO !
Et commence alors le plus incroyable parcours vélo jamais avalé par mes soins.
Une p’tite boucle vers Arrecife, première rafales qui manquent de me mettre dans le bas côté, premier passage de la position aéro à « mains aux cocottes », premières crispations dans les bras les épaules et le cou pour tenter de contrôler les « cabrages » du Cheetah.
Ceci dit je remonte pas mal de concurrents, pas à l’aise vent de face apparemment. Je pense à en garder sous la pédale pour coller à mon plan de course qui est de lâcher un peu plus les chevaux à partir du club la Santa (km 70 environ ?).
Les minutes passent, les kilomètres aussi, les frayeurs se multiplient les tensions dans le bras et les épaules s’accumulent, la position aéro est souvent interrompue. Je croise la tête de course qui termine la boucle avant de rentrer dans Timanfaya. Bjorn Andersson et son P3C à 60 tour minutes, Juhanson sur son Scott Plasma puis plus loin Cyril Neuveu chevauchant son Look à la relance en danseuse sur un léger faut plat montant. Y aurait-il un fort vent de face ?
Passage au dessus des salines au sud ouest de l’île, premiers chocs avec quelques trous dans la chaussée et retour vers le parcours emprunté au début pour tourner vers le parc. Je comprends alors l’attitude de Neveu et m’applique à relancer à peu prêt au même endroit que je l’ai vu faire… 3 /4 d’heure plus tard et quelques km/h de moins !
Arrive la première « vraie » difficulté du parcours : la longue ligne droite montant par palier dans le parc national de Timanfaya. Ca avance vraiment pas beaucoup à cause de la pente + du revêtement + du fort vent de face.
Je continue à doubler doucement et me sens plutôt bien. La fin est un peu difficile car les derniers paliers s’enchaînent en se masquant les uns les autres : on à l’impression d’arriver au bout avant de découvrir que non !
C’est alors que ma course bascule : un type longiligne me dépasse juste au sommet avec au moins 2 km/h de plus rapide que moi. Je réalise alors qu’en 50 kilomètres, c’est le premier triathlète à me dépasser depuis le départ !
Et quel triathlète ! Rolf Aldag en personne, Monsieur 10 tours de France… et accessoirement 2h42 au marathon il y à quelques mois !
Je récupère un peu dans la descente car j’ai peur de la supravitesse et la position aéro à cause du vent. Me double quelques avions que je compte bien reprendre sur le plat.
Arrive donc le plat et les dits avions en point de mire. Et c’est là que ça coince ! Je ne parviens pas à revenir et je commence à piocher un peu. A 60 km de course, c’est pas bon signe !
Je rejoint tant bien que mal la Santa, non sans être doublé par quelques concurrents que j’avais « avalés » précédemment.
Je m’engueule avec un « Rudy » (c’est son dossard qui le dit !) qui a tendance à se mettre dans le sillage de tous ceux qui se portent à sa hauteur. Evidement le type ne comprend pas de quoi je veux parler ;o(
Plus loin, en route vers Teguise, c’est un groupe de 5 ou 6 éléments qui me dépasse en bon ordre de marche de contre-la-montre par équipe. Là sa dépasse les bornes alors je fais l’effort pour rester pas trop loin derrière eux et observer si la connivence est fortuite ou organisée. Hélas ! trois fois hélas ! le groupe reste soudé au fil des kilomètres tant et si bien qu’il s’éloigne de moi. Arrive alors une moto avec un arbitre qui va je l’espère bien mettre un terme à cette bande de voleurs (de slots évidement !).
A mon plus grand effarement, la moto passe le groupe sans même un regard !
Bouh ! C’est trop moche ! En càp, j’ai croisé un de ces types dont j’avais noté le prénom et le club (français). J’ai crié « tiens, Christophe le roi du drafting ! ». Il m’a répondu « tu dois confondre mon ami ! ». Va savoir Edouard ! Où l’ange de la WTC passe drapé dans la virginité d’une écharpe blanche seulement taché de quelques traces de boissons isotoniques (merci San Antonio pour l’inspiration !).
Après la Santa nous longeons le bord de mer pour passer à ???, petit village balayé par le vent et mémorable pour nous triathlète pour les plaque de béton qui constituent la chaussée. Les jonctions entre ces plaques ne sont pas exactement la surface de roulement la plus favorable ! En repartant vers les terre, nous rencontrons de magnifiques ralentisseurs, sur lesquels je perds mes deux bidons et une bonne moitié du contenu de mon JetStream. Comme cette moitié ce retrouve sur ma cuisse, j’aurais toujours la possibilité de me lécher la jambe en cas d’hypo !
En route alors vers Teguise et le mirador del Haria, via une portion de quelques kilomètres totalement protégée du vent (chouette) mais où en contrepartie la chaleur est étouffante. Je suis scotché sur cette portion mais il semble que c’est le cas pour tout le monde car ça n’avance pas très vite ni devant ni derrière moi.
Arrivent les premières pentes, qui confirment que je ne suis pas dans une forme ascensionnelle (dans tous les sens du terme).
Plusieurs concurrents me dépassent jusqu’à mi-pente, au niveau des éoliennes puis je hausse un peu le régime au passage de Yohan Noulin sur lequel je cale mon allure (no drafting of course, mais merci à lui quand même !) pour terminer l’ascension correctement, malgré les dernier mètres très exposés au vent de face.
Là commence la descente la plus technique du parcours, avec de nombreux virages en épingles à cheveux style Alpe d’Huez. Je ne suis pas super confiant dans le collage de mes boyaux, activité dont je suis novice. Je me souviens aussi de la mésaventure de José Jeuland sur ce parcours en 2005, qui à délaminé sa jante carbone sous la chaleur des freinages vigoureux ( ?).
Quelques avions me dépassent et aucuns incidents fâcheux n’intervient, chance que n’ont pas eu les nombreux hérissons fraîchement écrasés dans la descente ! ! !
Si quelqu’un a vécu une collision vélo / hérisson, je suis curieux de connaître le niveau de dangerosité de l’évènement.
En route alors pour le mirador del Rio, dernière grosse difficulté du parcours.
La pente est varié, avec certains passages autour de 10/12% à vu de nez. La fin est sublime avec la vue sur l’île de la Graciosa, 800 m en contrebas et les eaux turquoise qui l’entourent. Ce moment est très symbolique pour moi : il y a des années que je rêve sur les photos de cette vue hors du commun. Je passe la fin de l’ascension complètement à gauche de la chaussée, à baigner dans l’adrénaline générée par la situation.
Passé le sommet, 20 km rapides commencent, grâce à la pente et / ou le vent favorable. Le Cheetah fait merveille dans ces conditions, sauf sur les portions de chaussée trop « granuleuse ».
Je suis gêné par quelques voitures qui suivent certains concurrent et empêchent de dépasser facilement. Quelques coûts la main à plat sur le toit des véhicules ouvrent le chemin plus sûrement que la Police locale !
Virage à droite vers Teguise et hop ! scotché à nouveau ! Pente légère mais vent de face et revêtement approximatif, le cocktail spécialité de l’IM Lanzarote ! Virage à gauche pour repartir vers le sud et Puerto del Carmen, via des petites routes avec vent globalement favorable. Ca ondule gentiment et le rythme est là mais je sais déjà que mon objectif vélo (et donc un temps total « jouable » pour la qualif) est hors de portée, la faute au coup de moins bien entre les 60e et 100e kilomètres et ma prudence excessive en terme de vitesse due au revêtement et aux rafales de vents.
Reste 20 kilo et nous abordons la descente vers Puerto del Carmen. C’est alors que dans une descente, j’aperçoit au dernier moment une espèce de rainure profonde et large creusée dans le bitume en travers de la chaussée. Je n’ai pas le temps « d’alléger » le vélo et le choc est vigoureux. Quelques mètres plus loin, je suis à plat de la roue arrière !
Je me range sur le bas côté et nous nous retrouvons à trois dans la même situation ! Signe que cet obstacle est un peu « too much » et aurait mérité d’être signalé par l’organisation ;o(
Je suis tellement énervé que « j’arrache » le boyau sans problème à partir de la petite bande sans colle que j’ai laissée à l’opposé de la valve. Je peine un peu pour placer mon boyau de rechange, pas assez « détendu ». C’est encore plus difficile de le centrer sur la jante avant de la gonfler à cause du manque de force dans mes mains après 6 heures crispé sur le guidon. J’emploi alors les grands moyens : je mords à pleines dents sur le côté du boyau et le centre « à la force de la mâchoire » ! Ca parait bizarre mais c’est très efficace ! Arrive la partie critique : j’ai deux cartouche de CO2 et pas de pompe. Je visse l’embout adaptateur en alu sur la valve du boyau, je retient mon souffle et visse la cartouche de CO2 sur l’autre extrémité et ….. pfffffffffff ! le boyau se gonfle et devient dur comme du bois ! J’ai peur qu’il n’explose alors j’essais de dévisser la cartouche. Je me brûle les doigts car la détente du gaz à givré l’embout en alu, mais finalement tout baigne ! Je précise que j’ai utilisé une cartouche pour VTT car j’avais entendu que les versions « vélo » ne donnent que des pressions faibles. Je crois que mon boyau n’a jamais été aussi gonflé ! Impossible à la force du doigts de « sentir » le degré de pression ; c’est dur comme du bois !
Je remets pas roue et me prépare à partir et… quelquechose frotte à l’arrière ! C’est mon boyau de rechange (Tufo) qui, gonflé à bloc est plus « haut » que mes Veloflex Record montés d’origine, du coup le boyau touche à l’intérieur du cadre ! Je recule l’axe de la roue vers l’arrière jusqu’à l’extrême limite de mes pâtes arrières. Ca tient sur pas grand-chose, autant dire que je serais très prudent sur les derniers kilomètres si l’on rajoute le boyau non collé !
Retour donc « tranquille » vers le parc. Total 6h36 soit une grosse ½ h de plus que mes plus pessimistes estimations (pas glop !). Exit donc toute possibilité de qualif, le marathon sera donc « à ma main ».
Je passe par la case « crème solaire » car j’ai oublié en sortant de l’eau et je suis déjà salement cramé sur les épaules. Je prends ma casquette version saharienne et mes deux petites bouteilles d’eau à visée régulatrice de chaleur… et c’est parti !
Les premiers kilos sont moyens, je me dit que ça reviendra après 5 kilomètres, le temps que mon corps s’adapte au niveau musculaire et hémodynamique. Donc 10 km/h et refroidissement liquide pour commencer. Après un tour (10,4 km) la situation est inchangée. Je me dis qu’un p’tit Powergel me redonnera peut-être un peu d’énergie mais c’est un mal à l’estomac qu’il m’apporte. Je gère vaguement jusqu’au semi puis alterne la marche après chaque gel pour éviter le mal de ventre. Ca fonctionne à peu près mais c’est pas bon pour la moyenne ! Sur les deux derniers kilomètres je retrouve Joël qui me motive un peu et je fini à allure raisonnable (12 km/h ?) pour un temps total au marathon de 4h44 et un total sur l’IM de 12h36, à plus de 2h00 du temps du dernier qualifié dans ma catégorie !
Globalement le parcours marathon est à la fois agréable du fait des nombreux allers-retours qui permettent de s’encourager mutuellement et de n’être jamais seul et difficile à cause du vent, de la chaleur et de l’absence totale d’ombre
Arrivée relativement frais pour moi « grâce » à mon temps marathon. Petit coup d’hypothermie comme d’hab, massage très douloureux à cause des coups de soleil. Très mauvaise idée de l’organisateur pour la restitution des puces et la remise du T-Shirt finisher : nous sommes resté plus de 30 min debout à faire la queue.
Retour pour moi à l’appart en vélo, non sans encourager les concurrent encore sur le parcours. Bains chaud à l’appart, qui soulage les tensions et facilitent l’élimination des toxines.
Je rejoints alors le reste du groupe pour une sortie au restau. Au menu une bière, deux pizzas et un banana split : faut pas se laisser abattre !
Dodo vers 23h30, nuit OK à part les coups de soleil.
J+1 :
Départ pour la Santa à 9h30, histoire d’arriver à 10h00 pour la remise des slots pour Hawaii, Thierry et Laurence étant susceptibles d’y avoir droit. Re-galère de l’organisation avec 3h15 d’attente debout au soleil avec un mode de distribution et d’annonce pas très clair. Pas de slot au final à une place près pour les deux aspirants ! Retour à Puerto del Carmen , petite bouffe à l’appart puis sieste.
Après-midi shopping avec Thierry, stop dans un bar pour un énorme burger pour ma pomme. RDV aux apparts à 17h30 pour nouveau départ vers la San Bartolomé où se passe la soirée de remise des récompenses.
Re-attente debout pour rentrer dans la salle. Bonne surprise car le lieu est magnifique (mélange de lave noire, de blanc immaculé et de bois sombre). Le buffet semble aussi somptueux. Pourtant arrivés dans les premiers, nous ne pouvons accéder au tables installées devant la scène car elles sont réservées pour les officiels et autres huiles. Nous nous retrouvons de côté avec une légère vue sur la scène mais des écrans géants nos permettrons de suivre la cérémonie de toute façon. Le buffet à l’air magnifique, nous commençons la mise en bouche avec le vin de Lanzarote qui se révèle plutôt fameux (plutôt le rouge que le blanc). Nous nous régalons ensuite du buffet, copieux et de bonne qualité avant que ne commence à proprement parler la cérémonie. Un film est projeté retraçant la course de la veille, avec pelle-mèle des applaudissements à tout rompre à chaque passage à l’image de Mark Herremans et des sifflets peu flatteurs quand Bjorn Andersson apparaît à l’écran avec une cadence inférieure à 50 RPM.
Je reviens sur Mark Herremans car son cas est assez extraordinaire. Il y a quelques années, il accroche un top 10 à l’Ironman d’Hawaii. Quelques mois plus tard, il chute en vélo lors d’une sortie à Lanzarote et perd l’usage de ses deux jambes. La même année, il revient à Hawaii en handisport mais ne parvient pas à finir la course. L’année suivante, il revient à nouveau et termine l’épreuve. Cette année il est revenu sur les terres de son terrible accident et a battu le record handisport de l’épreuve de… 3 heures !
Je l’ai dépassé dans la première partie du parcours, il était scotché dans un faux plat vent de face (encore un !), je me suis dit que la journée serait très longue pour lui. A pieds, je devais être au semi quand il est arrivé au bout des 180 bornes, je l’ai vu les traits marqués à l’extrême. Il est parti à bloc en fauteuil mais j’ai eu l’impression qu’il réduisait sérieusement l’allure au fil des tours. Voir son visage et son regard sur la vidéo de l’arrivée était bouleversant. On pouvait voir un mélange d’extrême fatigue et de joie intense. Le contraste entre l’intensité de son regard et la faiblesse (toute relative) de son corps a mis en émoi l’ensemble de la salle. Une standing ovation de plusieurs minutes lui a tiré quelques larmes.
Dans la catégorie champions qui donnent des frissons, je retiendrais cet athlète allemand vainqueur de la catégorie des 70-75 ans, magnifique de robustesse et transpirant la santé. Avec un faciès un peu semblable à Pablo Picasso, c’est encore l’intensité de son regard qui m’a touché. Lui aussi a versé quelques larmes d’émotion sous l’ovation méritée de l’assemblé.
Chapeau bas Messieurs, vous êtes l’essence même de l’Ironman.
Côté pros, rien de particulier à noter à cause des discours standards des vainqueurs Karin Thürig et Ain-Alar Juhanson.
Le 2e homme (Liebetrau) portait un magnifique costard qui détonnait avec la chemise hawaiienne de Juhanson. Le côté sympa c’était la timidité de l’Estonien, qui semblait un peu perdu dans son grand corps d’1,95 m et 95 kilos, les bras tombant le long de ses cuisses et le cheveux longs en bataille.
J+2 :
Vamos a la casa ! Petite galère avec la navette qui avait prévu 8 passagers et non pas 9 passagers + 8 vélos ¡ Résultat nous avons voyagé coincé entre les valises et housses avec une tronche de 10 mètres de long du chauffeur. Une bonne rigolade de plus !
Nous appréhendions le coût du surpoids de bagage mais personne n’a été facturé comme l’ont été certains à l’aller (15 € / kilo de dépassement au dessus de 20 kg). Par contre le passage du vélo aux rayons X à eu raison de mes cartouches de CO2 qui sont aller rejoindre les autres dans une caisse en plastique presque pleine. Certains du groupe sont « passés » sans problème. Va comprendre Yolande !
Bilan : un IM hors du commun qui vous laissera un souvenir impérissable ! Si vous hésitez, prenez des pneumatiques en 23 pour le confort et un vélo « classique » pour le vent. Développement mini de 39 x 25 semble être le consensus. Guidon aéro confortable pour supporter les vibrations.
Attention au allers-retours nécessaires entre Puerto del Carmen (dépose du vélo le vendredi + course le samedi) et le club La Santa (retrait des dossards, pasta party le jeudi, slots Hawaii le dimanche matin, fiesta le dimanche soir) sans oublier San Bartholomé pour la soirée des awards (à mi-chemin entre Puerto del Carmen et La Santa). Vous pouvez utiliser les navettes mises à dispo par l’organisation mais vous aurez des horaires à respecter !
Attention aussi aux nombreux temps d’attente debout : retrait dossard, défilé des nations, pasta party, retour des puces, awards,…
Désolé pour la longueur ! Si ca peut servir à ceux qui préparent 2007......Embarquement demain pour Lanzarote.
Après 8 mois d'entraînement à peu près régulier (une première pour moi !).
L'échéance est enfin là, j'ai hate d'en découdre avec moi-même... et les autres 30-35 qui veulent la qualif. Etre "qualif" à la place du kalif, ça m'suffit !
Dernier entraînement un peu sérieux le dimanche 7 mai grâce à l'excellent NTQ alias Nick The Quick qui a organisé un 3 km nat + 130 vélo dont 65 CLM individuel + 17 km càp à Rueil-Malmaison. Nous étions 6 et c'était bien sympa, d'autant plus que mon projet de cyclosportive le week-end précédent était tombé à l'eau pour cause de problèmes personnels.
Au total rien de dément au niveau entraînement : autour de 10 h / s tout l'hiver (pas de nat), 2-3 semaines à 20 h au mois d'avril, à peine plus de 500 km à vélo et 6 séances en natation. C'est pas très académique mais ça correspond à mes affinités et disponibilités. Au passage j'ai découvert l'énorme contribution pour le vélo de la musculation à charge max enchaînnée avec séance PMA sur "vélo d'appartement". Ou comment avoir un niveau "honnète" à vélo en faisant peu de bornes.¨
Par contre à pieds, j'ai fait trop de bornes à allure lente et pas assez de seuil, je me suis un peu "dieselisé".
J'ai passé à nouveau en revue les temps de qualif des dernières années. C'est un peu la "loterie" pour moi puisque à temps de vainqueur égal (= hypothèse conditions de course semblable), le temps du dernier qualifié en 30-34 varie de 10:06 en 2004 à 10:49 en 2005 !
10:06 est inaccesible pour moi étant donné mes objectifs temporels sur la course :
1:10 en natation
5:45 en vélo
3:30 en càp
Soit un temps total théorique de 10:25
Etant donné la limite de 20 kg pour les bagages avion, j'ai opté pour la version valise vélo souple et j'ai la TROUILLE pour mon Cheetah ! J'ai passé la journée d'hier à tout démonter et emballer, protéger, sangler, ... pff !
Je voulais faire ce "petit bilan" avant la course pour voir dans quelle mesure je me suis trompé... ou pas !
Updaté le 26/04/2005 avec le nouvel article ci-dessous :
Water Running : entraînement croisé pour améliorer votre vitesse, résistance et endurance
De plus en plus d'athlète réalise une séance "alternative" en allant courir en piscine. Appelé "water running", "water jogging" ou encore "aquar jogging", la course à pieds dans l'eau est un bon moyen d'augmenter votre kilométrage sans les traumatismes de la course à pieds "sur terre".
l'aqua jogging peut être soit une alternative à la course "sur dur", soit un ajoût à un programme d'entraînement classique. Blessé, enceinte ou sujet à blessure, le triathlète peut courir en piscine pour réaliser aussi bien des séances de qualité que d'endurance et ainsi maintenir ou développer son niveau de forme. Dès le retour à des séances "en dur", la plupart des pratiquants retrouve leur niveau initial plus rapidement grace à leur séances de course en piscine.
C'est aussi un type de séance très utile pour aider à la récup de muscles fatigués sans l'onde de choc occasionnée par la course "à sec". Le corps subit moins de stress et la récup entre deux séances est donc améliorée.
Comment courir en piscine ?
Placez-vous en "eaux profondes", là où vous n'avez pas pieds. Tant que vous ne maîtrisez pas totalement la technique de la course en piscine, il est préférable de porter une ceinture de flottaison spécialement conçu à cet effet. Avec cette ceinture, vous pourrez maintenir une position corporelle adéquate et vous concentrer sur la réalisation d'un mouvement proche de la course à pieds.
Pour commencer, essayez d’imiter votre style de course. Que vous ayez une foulée « normale » ou comme un piston avec les genoux qui mène le mouvement, maintenez un rythme élevé. Relâchez le haut du corps en le gardant vertical, légèrement penché en avant. Bougez les bras comme d’habitude en gardant les points fermés. Il ne faut pas faire de mouvements de godille dans l’eau. Vous n’avez pas besoin de vous déplacer sur une grande distance dans la piscine, le focus est plutôt à mettre sur le rythme et la montée des genoux. Essayez de ne pas vous déplacer à reculons n’y d’osciller de haut en bas comme un bouchon.
Quelques astuces pour vous aider à tirer le maximum de votre séance de course en piscine :
Comme pour toute séance, si vous avez un planning, le temps s’écoulera plus votre séance sera plus efficace. Utilisez le temps et votre rythme cardiaque pour mesurer votre niveau d’intensité en piscine.
Essayez une série d’intervalles comme 10 x 2 minutes à 85% d’effortMax ou 5 x 4 minutes à 75% d’effortMax. Récup 100% du temps de travail en « water jogg » tranquille. Au fur et à mesure de vos progrès, baissez la récup à 50% du temps de travail.
La plupart des séances devraient durer moins de 45 min. Avec ce type d’exercice, des séances plus courtes et plus intenses sont plus efficaces, mentalement et physiquement, qu’une séance très longue à une intensité modérée.
Développement de la force
La résistance de l’eau va vous permettre d’augmenter votre force à pieds. Les mouvements faciles et usuels, comme le balancier des bras, deviennent plus difficiles dans l’eau. Par ailleurs, certains athlètes préfèrent réaliser leur séance avec des chaussure de running au pieds (vieille paire mais propre !). Ainsi il rencontre un peu plus de résistance et procure la voûte plantaire avec une sensation de pression plus proche de la course « réelle ». Une résistance accrue vous permet de vous sentir plus fort et plus fluide une fois la résistance disparue dehors.
Plage de mouvements
Essayez des éducatifs où vous courez avec une foulée plus longue, des genoux plus hauts ou encore un rythme plus élevé ou moins élevé qu’en extérieur. L’augmentation de l’amplitude est particulièrement importante pour les runners qui peinent avec une foulée trop courte.
L’aqua jogging offre aux triathlète une palette complète de séances bénéfiques pour la performance. Si vous ètes créatifs et concentré sur la qualité de la réalisation, l’aqua jogging peut devenir l’une de vos séances les plus agréables et profitables de la semaine. Au pire, ce type de séance vous rendra en meilleure santé, plus fort… et plus motivé pour courir dehors !
Merci à Jessica Kirkwood pour son aide sur cet article
Lance Watson
LifeSport
Article repris de : http://www.trifuel.com/triathlon/triathlon-training/water-running-cross-training-to-increase-your-speed-strength-and-stamina-001313.php
Ci-après 2 extraits de cessions de chat sur le site www.insidetri.com, l'un avec Dave "The Man" Scott, l'autre avec Peter Reid. Tous deux préconisent d'inclure des séances de càp dans l'eau. A vous de réagir...
Dave Scott "J'aime que mes athlètes fassent quelques séances de running dans l'eau, en particulier pour étirer le dos et les mucles fléchisseurs de la hanche. De plus, si votre coordination est bonne, vous pouvez faire des "goalie kick", qui est la battement des joueurs de water polo. C'est un moyen très puissant d'étirer les aducteurs. Réalisé doucement, c'est très bénéfique après une longue sortie à vélo ou à pieds."
Peter Reid "5 semaines avant l'Ironman, j'ai réalisé ma plus grosse journée à pieds : 2:55 le matin et 45 min de course dans l'eau sous le chaud soleil de Kona"
Pour commencer, un article de Michael McCormack, récent double vainqueur de l'IM Canada. Sa position "contre" la culture ambiante en nutrition pour le "maximum de calories" apporte un nouveau regard sur le sujet. Article extrait de www.ironmanlive.com. A vos commentaires !
La stratégie de nutrition est un sujet populaire sur lequel tout ou presque a été écrit. En fait, le monde du multisports est surtout habitué à tendre vers un état d'indigestion dès lors que l'on parle de nutrition pour les épreuves d'endurance.
Après avoir lu encore un autre post dédié à l'alimentation sur demi-Ironman sur un forum et les divers calculs sur la quantité maximale de calories absorbables, j'ai pensé qu'il était plus utile d'orienter le débat vers "quelle est la quantité minimum" ?.
La part d'énergie utilisée pour la digestion serait bien plus utile pour vos jambes et vos bras que nous utilisons pour avancer. Assez logique. Mon expérience est que tout athlète d'endurance devrait s'entraîner à s'alimenter le moins possible, sans tomber en hypoglycémie. Le bon sens nous permet de comprendre que le corps n’apprécie pas de digérer des quantités importantes d’aliments au cours d’un effort intense souvent réalisé dans des conditions climatiques difficiles.
Si l’entraînement est le fruit d’adaptations à différents stress, alors nous devons nous pencher sur l’intérêt d’apprendre au corps à fonctionner sans être sans arrêt interrompu par l’afflux de nouveau carburant.
Prenons par exemple l’adage classique « il faut s’entraîner lentement pour apprendre au corps à brûler les graisses ». Est-ce vrai ? De mon point de vue, le traditionnel entraînement LSD (ndlr : Long Slow Distance = longue distance à faible allure) combiné à ce que je considère être un apport excessif de calories, prédispose à une inefficacité de l’utilisation des calories. S’entraîner lentement en apprenant au corps à demander fréquemment pour de la nourriture est une recette qui enseigne exactement le CONTRAIRE de ce que nous voulons tous réussir : être le plus rapide possible en compétition sans avoir à ingurgiter des tonnes d’aliments dans des conditions difficiles.
Il n’est pas raisonnable de s’attendre le jour de la course, à ce que l’illogique entraînement « GSEAL » (Go Slow and Eat A Lot) vous permettent d’utiliser efficacement vos réserves. Après tout, pendant la course vous irez à des allures plus difficiles et rapides que la plus grosse partie de ce que vous avez fait à l’entraînement. Il est facile à comprendre que votre corps ne fera que ce qu’on lui a appris à faire. Les athlètes « GSEAL » seront soit plus exposés aux hypoglycémies car ils auront entraîné leur corps à mal utiliser ses réserves, soit seront perturbés par la quantité de calories qu’ils devront absorber. Je suis certains que c’est pour ces raisons que nous lisons tant d’histoires d’Ironman gâchés par des troubles digestifs, des défaillances, des ballonnements.
L’Efficacité d’Utilisation des Réserves
Une stratégie à deux étages
1. Expérimentez l’abstinence calorique contrôlée pendant vos sorties vélo
2. Sauf si vous avez l’intention d’être lent en course, structurez vos intensités d’entraînement pour ressembler le plus possible à votre allure de course planifiée. Abstinence calorique contrôlée signifie simplement attendre un peu plus longtemps pour manger pendant une sortie longue et ensuite s’alimenter avec parcimonie. Vous devez ingérer juste ce qu’il faut pour ne pas tomber en hypoglycémie. Il est très intéressant de voir la rapidité à laquelle le corps s’adapte à cette nouvelle habitude. En règle générale, vous de devriez pas avoir besoin de vous alimenter pour des sorties de moins de 2 heures. En début de saison, alors que vos sorties les plus longues tournent autour de 3 heures, vous pouvez ingérer un gel ou un morceau de barre énergétique, mais pas avant que 1h30 à 2h00 se soient écoulées. Alors que la durée des sorties longues s’allonge, ainsi que votre forme, vous pouvez augmenter la durée à partir de laquelle vous pouvez commencer à vous alimenter. Les sorties de 3 heures sans ravitaillement ne devraient pas poser de problème.
En plus d’apprendre à votre corps à être plus efficace dans l’utilisation de ses réserves, vous développerez une perception beaucoup plus précise de la durée d’exercice que vous pouvez endurer sans apports extérieurs et une meilleure prise de conscience des signes avant-coureurs d’une hypoglycémie. La connaissance de son corps est une partie intégrante du succès d’un athlète d’endurance.
Les entraînements plus courts et plus intenses que je préconise, en plus d’être plus efficaces et d’impacter très favorablement votre performance, apprennent à votre corps à économiser ses réserves d’énergie. Des séries courtes intensives (90 s à 3 minutes) avec des temps de récupération courts (15 à 60 secondes) signifient que la séance reste aérobie, donc les réserves de glycogène musculaire sont préservées malgré le travail d’intensité. Réalisé correctement, la progression grâce à ce type de séances peut être continue sur plusieurs mois.
Avec plus de 14 ans de pratique de ce type d’entraînement, j’ai remarqué les choses suivantes : mon corps est devenu très efficace dans l’utilisation de ses réserves d’énergie. Au point où je peux régulièrement faire des sorties de 160 km sans rien d’autre que ma boisson isotonique. La durée des séances peut être réduite considérablement. Une heure passée en “intervals aérobie” me permets de tenir 3 heures à haute intensité sur la route.
Résumé
Les efforts et le temps passé à imaginer des formules et ratios compliqués pour déterminer la capacité maximale du corps à ingérer des calories se tournent vers les symptômes du problème et non sa cause.
Les athlètes d’endurance devraient se concentrer sur leur capacité à gérer plus efficacement leurs réserves d’énergie plutôt que de chercher à se gaver au maximum de calories et créer ainsi des effets secondaires considérables. Est-ce que cette approche simple et logique peut fonctionner ? Avec 14 ans de compétition sur Ironman je considère que j’en suis la preuve la plus indubitable !
Michael McCormack compte 2 victoires Ironman à son compteur et coache des athlètes à haut niveau depuis 1994. Michael habite à Mill Valley, en Californie avec sa femme Etsuko, son fils Jimmy et sa fille Yuna. Vous trouverez plus d’information sur le « background » de Michael sur www.triathloncoach.com
A en croire la littérature sur les ratios optimums protéine / glucide pour la récup, la composition de Slim-Fast semble idéale. Sinon un milk-shake avec 2 banane / 3 dosettes de poudre de protéine / 500 ml de lait écrémé fait l'affaire pour moins cher ;-)
"Slim-Fast and sure enough it fits the Optimum Recovery Ratio perfectly -
Aim for
(source : http://www.mcmillanrunning.com/Running%20University/Article%203/recovery1.htm)